Au menu du jour je vous propose de parler du plus connu et probablement du plus utilisé des indicateurs techniques. J’ai nommé, la moyenne mobile. Pourquoi ? Vous avez peut être pu le remarquer au travers des articles publiés dans la rubrique investir et placer son argent du blog, j’ai une réelle passion pour la bourse et le trading. 

Je vous avais ainsi parlé, il y a quelque temps, de l’art de maîtriser son prix de revient unitaire en mettant à disposition des calculatrices astucieuses de PRU. Dans un autre article, je vous avais présenté les actions à fort dividende, à suivre en 2020. 

Au travers de ce nouvel article, je vous propose de partager un peu plus ma passion pour le trading en initiant une nouvelle série orientée analyse technique. Ceci dans un objectif de vulgarisation du trading, de partage de connaissances sur les principaux  indicateurs techniques et de l’analyse technique. Ces articles se veulent donc didactiques et doivent vous permettre, in fine, de construire un système de trading qui vous ressemble. Un système dans lequel vous êtes à l’aise pour comprendre et maîtriser le comportement du cours de vos actions favorites. 

Pour ce premier article sur l’analyse technique, nous commençons donc en douceur avec l’indicateur le plus connu et le plus simple a utiliser.

C’est parti donc pour un tour d’horizon complet de cet indicateur à tout faire. Nous aborderons ses différentes déclinaisons mais aussi et surtout la façon de l’interpréter afin d’anticiper les marchés.

Sommaire

Un peu de théorie pour bien débuter

Bien qu’étant l’une des plus ancienne méthode d’analyse technique existante, la moyenne mobile est également probablement le plus utilisée de tous les indicateurs. Dans son utilisation traditionnelle, cet indicateur est superposé à la courbe de cours.

Cet indicateur est une fonction de filtrage numérique. Cela signifie que par application d’opérations mathématiques sur le signal d’entrée (le cours de l’action), on va venir éliminer certains bruits parasites, indésirés. Et on va interpréter certaines composantes du signal dans l’objectif de faire ressortir plus particulièrement certaines variations (par exemple une accélération).

Alors dans les faits la fonction de filtrage utilisée ici est particulièrement simpliste et plutôt de piètre qualité. Mais cela est due aussi au fait que ce soit l’une des plus ancienne fonction de filtrage utilisée, voir probablement même la plus ancienne. Et malgré ce côté désuet, la moyenne mobile n’en reste pas moins probablement la plus connue et plus utilisée de toutes les fonctions de filtrage. Pourquoi ? C’est sa simplicité d’utilisation et de compression qui font justement sa force. Cet indicateur est à la portée de tous et tout le monde peut le maîtriser.

L’introduction théorique passée, il est temps d’entrer dans le vif du sujet et de décrire plus en détail les différentes déclinaisons de cet indicateur. Que ce soit sa version simple, pondérée ou exponentielle.

Calcul moyenne mobile simple

Méthode de calcul

Pour bien comprendre la méthode de calcul de la moyenne mobile, rien de tel qu’un pratique. Illustrons donc pour cela l’évolution d’un cours et regardons ce que donne la moyenne à 3 jours :

DateCoursMoyenne mobile à 3 jours
1 octobre2-
2 octobre3-
3 octobre43
4 octobre54
5 octobre44,33
6 octobre34

Le cours indiqué ici est un cours fin de journée et la moyenne mobile est d’ordre de 3. Le calcul ici est des plus simples dans la mesure ou l’on calcul le cours moyen établit sur 3 jours glissant.

Dans la mesure ou l’indicateur est ici établi sur une période de 3 jours, il ne peut être calculé pour la première fois qu’au bout du troisième jour. Pour la méthode de calcul, on effectue simplement la somme des cours divisé par la période de référence choisie. Autrement dit, pour la journée du 3 octobre, le calcul est le suivant : (2 + 3 + 4) / 3 = 3.

Interprétation de l’évolution de l’indicateur

Maintenant, regardons de plus près l’évolution de la moyenne mobile par rapport à l’évolution du cours. Jusqu’au 4 octobre inclus, les cours montent. La moyenne elle monte également. Le 5 octobre, le cours se retourne et entame une baisse. L’indicateur lui, continue à grimper pour atteindre 4,33 avant de commencer à baisser le 6 octobre.

On peut ainsi remarquer une certaine inertie, qui sera d’autant plus grande que la période de référence est élevée.

Cette inertie est dans les faits absolument normale et expliquée par le fait que cet indicateur est un filtrage numérique. Et tout filtrage génère un retard et donc une certaine inertie.

Moyenne mobile pondérée

Un indicateur créé pour détecter plus rapidement les changements d’orientation

Nous venons de le voir, si la moyenne mobile est extrêmement simple à utiliser et à calculer, pouvant même être calculée manuellement, elle n’en possède pas moins un défaut : son inertie.

Pour parer cette inertie, la variante de moyenne mobile pondérée a été créée. Si globalement le principe de fonctionnement reste le même, la moyenne mobile pondérée va donner plus d’importance aux valeurs de cours les plus récents afin d’anticiper les changements d’orientation. Autrement dit, cela va permettre de gommer l’effet d’inertie de la méthode simple.

Pour donner plus d’importance aux cours les plus récents, on va donc tout simplement appliquer une pondération. Par exemple, pour une durée toujours équivalente à 3, cette pondération va être de 1 pour le  premier jour, 2 pour le second jour et 3 pour le troisième jour. Appliqué à notre évolution des cours ci-dessus, cela va nous donner :

DateCoursMoyenne mobile pondérée à 3 jours
1 octobre2-
2 octobre3-
3 octobre43,33
4 octobre54,33
5 octobre44,33
6 octobre33,66

Interprétation de la différence avec la version simple de l’indicateur

Pour la même période de référence et donc les mêmes cours, on peut noter une différence sensible avec la première méthode utilisée. En effet, on peut remarquer d’une part que la moyenne mobile pondérée est plus proche du cours fin de journée. Ce qui est normal dans la mesure ou c’est cette journée qui possède la pondération la plus élevée.

Mais surtout, on peut relever d’autre part, que l’indicateur réagit beaucoup rapidement face à un changement de situation. Autrement dit, s’il avait fallu attendre le 6 octobre dans la première méthode pour voir une inflexion, on voit ici, dès le 5 octobre la stagnation de notre moyenne mobile pondérée.

Cette méthode va nous être très utile pour détecter des changements de tendance à court terme.

A noter : afin de bien comprendre le calcul, voici le détail pour la journée du 3 octobre. MMP = (2 + (2 * 3) + (3 * 4)) / (1 + 2 + 3) = 4,33

Moyenne mobile exponentielle

Comme pour la version pondérée, la moyenne mobile exponentielle accorde une pondération plus importante aux valeurs de cours les plus récentes. Le passé plus récent doit ainsi peser plus lourd dans le calcul de l’indicateur que le passé plus éloigné.

L’objectif visé est le même que dans la version présentée précédemment : gagner en réactivité, gommer un peu l’inertie de la version simplifiée et donc détecter plus rapidement les changements de tendance.

Ainsi, la version exponentielle peut être considérée comme une forme particulière de la version pondérée. La grande différence réside dans le fait que la pondération s’effectue ici par le biais d’un pourcentage et non au travers d’une valeur absolue.

Interprétation de la moyenne mobile bourse

Rarement utilisée seule et généralement associée à une courbe de cours, la moyenne mobile peut être utilisée et interprétée de diverses façon. En avant donc pour un tour d’horizon des principales interprétations de l’indicateur.

Utilisation de la moyenne mobile seule

Utilisée seul, l’indicateur peut servir à représenter une tendance. Dans son utilisation seule, on pourra ainsi prendre une position dans le sens d’évolution de la moyenne. L’objectif étant ici de jouer la tendance.

Dans ce cas de figure, on se positionne à l’achat tant que la moyenne mobile est orientée à la hausse. A l’inverse, on se positionnera à la vente tant que l’indicateur est orienté à la baisse. Un point d’inflexion dans la moyenne nous indique ici un changement de tendance, un retournement des cours.

Cependant, nous avons vu plus haut dans l’article l’existence d’une certaine inertie dans l’indicateur. Inertie qui est d’ailleurs d’autant plus importante que la période utilisée pour l’indicateur est élevée. Par conséquent, de part l’existence de cette inertie, le signal d’achat ou de vente ne sera donné que plusieurs jours après le retournement effectif du cours.

En résumé s’il n’y a qu’un élément à retenir : l’indicateur doit être utilisé pour identifier une tendance et non un point de retournement.

Utilisation de la moyenne mobile avec la courbe des cours

Une utilisation simple pour les tendances long terme

Nous venons d’aborder l’utilisation de la moyenne mobile seule. Dans les faits, ce cas d’utilisation est pour ainsi dire marginal. Le cas d’usage le plus fréquent est celui que nous présentons ici. A savoir, la comparaison de la courbe de cours de l’action avec la courbe donnée par l’indicateur.

Dans le graphique ci-dessous, on va retenir pour notre analyse deux évènements :

  • D’une part, l’événement du 24 février où la courbe des cours vient casser vers le bas la moyenne mobile à 50 jours (la courbe rouge)
  • D’autre part, quelques jours plus tard, début mars, lorsque l’on notera une inflexion de notre indicateur

A noter : pour illustrer les cas pratiques l’article, j’utilise la version gratuite de la plateforme ProRealTimeSi vous ne possédez pas encore de compte, je vous recommande chaudement de vous inscrire. Vous disposerez ainsi d’une plateforme complète pour vos analyses techniques.

Dans cet exemple, un signal fort est ainsi donné le 24 février lorsque la courbe de l’action vient casser à la baisse la moyenne mobile à 50 jours. Cet avertissement peut être analysé comme étant un signal de sortie, de fermeture d’une position à l’achat.

Par ailleurs, pour le second évènement intervenant quelques jours plus tard, l’inflexion de la courbe de l’indicateur peut être interprétée comme étant le moment idéal pour ouvrir une position courte à la vente. On restera alors vendeur tant que la courbe de l’action ne vient pas à nouveau casser à la hausse l’indicateur.

En résumé : la technique consiste à acheter quand les cours clôturent en hausse au dessus de l’indicateur. Et, à contrario, à vendre lorsque les cours clôturent en baisse en dessous de la moyenne

Moyenne mobile et courbe des cours
Repérez un croisement entre la courbe des cours et la moyenne mobile

Une efficacité très limitée face à une courbe de cours sans réelle tendance

Si la méthode d’étude du croisement de la courbe des cours avec la moyenne mobile est efficace sur des tendances longue, elle l’est beaucoup moins quand aucune tendance réelle ne se dégage.

Dans l’exemple ci-dessous, on peut remarquer l’absence de tendance sur une période d’environ 6 mois. Les cours évoluant dans un couloir de prix allant de 30 à 38€. En étudiant les croisement entre la courbe des cours et l’indicateur, on peut repérer 9 croisements (indiqués par les flèches) sur la période allant de fin juillet jusque début septembre.

Dans ce cas précis ou le cours n’est pas en tendance, il y a fort à parier que se positionner à l’achat ou à la vente simplement en étudiant le croisement des deux courbes se traduirait par des pertes financières non négligeables.

Moyenne mobile, faux signal d'interprétation
Lorsque les cours sont contenus dans un couloir, des faux signaux peuvent exister

Utilisation en tant que support ou résistance

Nous venons de voir que la moyenne mobile peut être utilisée pour qualifier une tendance. Cet indicateur à bien d’autres utilités et peut notamment servir de support ou de résistance aux cours.

Dans l’exemple ci-dessous, on peut clairement voir que sur la période allant de juin à novembre, les cours sont soutenus par la moyenne mobile. Ainsi, à 7 reprises les cours viennent toucher la moyenne pour mieux rebondir et repartir à la hausse.

Dans ce cas de figure il est judicieux de tenir sa position jusqu’à un enfoncement franc de l’indicateur par le bas. Ici, en utilisant cette méthode, un signal de sortie aurait été donné une première fois fin juillet.

Soyez donc attentifs à ces signaux lorsqu’ils se présentent. Autrement dit, inutile de vendre précipitamment une position acheteuse. Il est préférable de surveiller l’approche des supports plutôt que de solder trop tôt une position qui pourrait encore être gagnante.

A noter : nous avons pris pour l’exemple le cas d’un cours qui rebondit sur son support, mais l’inverse est tout aussi valable avec un cours incapable de franchir à la hausse sa résistance

Moyenne mobile et tant que support
L'indicateur peut servir de support à la courbe des cours

Croisement moyenne mobile 20 et 50 jours

Plutôt que d’utiliser une seule moyenne mobile, il est fréquent de superposer aux cours deux, voir même trois indicateurs, à des périodes différentes. Fréquemment, on va ainsi étudier le comportement et les croisement des courbes à 20 et 50 jours.

Dans ce cas d’utilisation, la moyenne avec la durée la plus élevée (celle à 50 jours) va représenter la tendance longue, tandis que la moyenne avec la durée la plus courte (celle à 20 jours) représente la tendance courte, utilisée pour donner le top de l’intervention.

Il conviendra de placer un ordre d’achat lorsque la courbe rapide croise en montant la courbe la plus lente. A l’inverse, on placera un ordre de vente lorsque la courbe rapide croise en baissant la courbe la plus lente.

Dans l’exemple ci-dessous, la moyenne mobile à 20 jours croise le 13 septembre à la hausse la moyenne à 50 jours. L’ordre d’achat est donné à cette date.

Le position d’achat est ensuite soldée vers le 15 février de l’année suivante lors du croisement à la baisse des deux courbes.

Croisement de moyennes mobiles
Repérez les changements de tendance en observant les croisements de moyenne mobile

Durée de période idéale pour l’indicateur

La période de référence est une clé majeure lorsque l’on utilise la moyenne mobile. Nous l’avons vu plus haut dans l’article, un inconvénient de taille pour cet indicateur est son inertie. Et cette inertie est d’autant plus grande que la période utilisée est élevée.

Dans la pratique, le choix de la durée de référence dépend en fait de votre style de trading. Soit vous privilégiez les allers et retours rapides avec des positions en intraday et dans ce cas, les durées fréquemment utilisées sont de l’ordre de quelques minutes (notamment 5 minutes).

A contrario, si vous privilégiez les tendances longues, il est fort probable que vous utilisiez une période de référence à 200 jours.

Si vous préférez les positions intermédiaires et aimez jouer les tendances court ou moyen terme, il est fréquent dans ce cas d’utiliser les moyennes à 20 et 50 jours. Enfin, sur une période plus courte, il est fréquent d’utiliser les moyennes à 3, 5 ou 10 jours.

A noter : si la courbe des cours évolue dans un canal, sans réel tendance, alors privilégiez les périodes courtes afin de raccourcir l’inertie et de repérer plus vite les changements d’orientation. Si au contraire la tendance est claire, nette, privilégiez des durées plus élevées afin de ne pas avoir de faux signaux qui vous amèneraient à quitter une position gagnante trop précipitamment

Conclusion sur l’utilisation de la moyenne mobile trading

A l’heure de tirer une conclusion, nous l’avons vu, la simplicité de cet indicateur et sa facilité d’utilisation en font véritablement sa force. C’est d’ailleurs bien la raison pour laquelle il reste aujourd’hui encore l’indicateur le plus utilisé et le plus connu.

La moyenne mobile est un indicateur qui est donc facile à appréhender et qui possède de multiples cas d’utilisation.

Mais si vous souhaitez construire un système de trading, je vous conseille cependant de ne pas tout miser sur un seul et unique indicateur. Avant de prendre une position et engager ainsi une part de votre capital il est plus que prudent de vérifier vos informations et de les recouper à l’aide d’autres indicateurs.

Vous pouvez poursuivre votre lecture vers la catégorie investir en bourse afin de retrouver l’ensemble des articles didactiques portant sur l’analyse technique. Si enfin le sujet vous intéresse je ne peux que vous conseiller la lecture de l’analyse technique de Bechu, Bertrand et Nebenzahl. Tout simplement à mes yeux la référence en la matière. 

Et vous, quelles sont vos astuces pour l’utilisation de cet indicateur ? Partagez votre expérience en laissant un commentaire ci-dessous. Je me ferai une joie d’échanger avec vous.

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Il me reste pour ma part à vous dire à bientôt pour de nouveaux articles. Frédéric

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